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 Les expressions

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Brume
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MessageSujet: Re: Les expressions   Lun 15 Jan - 18:24

Brûler la chandelle par les deux bouts



Signification:

Gaspiller, dépenser de toutes les façons possibles.
Vivre sa vie de manière très intense, sans se préoccuper des risques (sur la santé ou le compte en banque, par exemple).
Se dépenser, se fatiguer excessivement.

Origine:

Cette expression est attestée dès le XVIe siècle.

Pour bien comprendre la notion de gaspillage éhonté qui lui est associé, il faut remonter à cette époque où l'éclairage était procuré par des chandelles, objets plus ou moins luxueux selon qu'ils étaient constitués de suif ou de cire, mais toujours coûteux pour les maisons modestes (on se reportera d'ailleurs aussi à l'expression "le jeu n'en vaut pas la chandelle").

Il fallait donc n'utiliser ces bâtons de lumière que quand c'était vraiment nécessaire, avec parcimonie, et penser à les souffler ou les moucher dès qu'il n'y en avait plus besoin.

Celui qui avait l'idée stupide d'allumer une chandelle par les deux bouts gaspillait ce précieux objet puisqu'il fondait deux fois plus vite, pour un gain en lumière négligeable.

Complément:

La bougie tire son nom de la ville du même nom, dans le nord de l'Algérie (Béjaia, maintenant). Il s'agissait d'une chandelle fabriquée avec une cire de grande qualité et qui commença à être importée en France à partir du XIVe siècle.
Il s'agissait alors d'un produit de luxe.
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MessageSujet: Re: Les expressions   Lun 15 Jan - 18:26

Tomber pile / au poil / pile poil


Signification:


Tomber ou arriver juste, exactement, comme il faut, au bon moment.
Parfait, parfaitement.

Origine:

Où nous allons découvrir comment, grâce à des marionnettes, deux expressions similaires en génèrent et popularisent une troisième.

Commençons par "tomber pile".
Notre 'pile', n'est pas ici celle qui ne s'use que si l'on s'en sert[1], ni celle sur laquelle repose le tablier d'un pont, ni celle des dossiers en attente de Gaston Lagaffe, mais l'envers d'une pièce de monnaie (rappelez-vous ces tirages au sort par pile ou face - "pile, je gagne, face, tu perds !") ainsi nommé parce que la 'pile' était le coin qui servait à frapper le revers d'une monnaie.
Autrefois, quand quelqu'un "tombait pile", c'est qu'il tombait sur le dos, donc sur l'envers. Puis, lorsqu'une pièce "s'arrêtait pile", sans tourner ou vibrer, c'est qu'elle tombait sur son envers de manière nette, brusquement.
Par extension, depuis le XIXe siècle, cette netteté s'est transformée en justesse ou exactitude dans notre "tomber pile" d'aujourd'hui, qui est à rapprocher de "tomber à pic".

Avec "au poil", la précision ou l'exactitude sont également bien présentes.
Certains placent cette expression au XIXe siècle, avant que la photographie ne se développe (sans jeu de mots), à une époque où les peintres chargés de faire les portraits devaient le faire avec une grande précision, "sans qu'il manque un poil" reproduit sur leur oeuvre. Mais elle semble n'être attestée qu'au tout début du XXe siècle, rendant cette explication probablement fantaisiste.
Toujours est-il que, compte tenu de la taille d'un cheveu ou d'un poil d'humain, faire quelque chose "au poil" près implique tout de même une grande précision, proche de la perfection[2].

Puis, beaucoup plus récemment, l'émission satirique les "Guignols de l'Info" () est arrivée sur nos écrans et c'est un mélange des deux expressions "(tomber) pile (au) poil" placé dans la bouche de la marionnette d'un Jacques Chirac rendu sympathique qui est venu remplacer nos deux expressions d'abord dans la bouche des nombreux accros à cette émission, puis un peu partout dans le monde francophone.

[1] Notez bien que je n'ai pas écrit "qui ne Suze que si l'on Sancerre" !
[2] Cette grande précision peut devenir une méticulosité excessive dans le cas du coupeur de cheveux en quatre, celui qui pratique avec délectation la capilloquadrisectomie.
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MessageSujet: Re: Les expressions   Lun 15 Jan - 18:28

Une expression que j'entends pour la première fois , amusante lol


Menteur comme un soutien-gorge

Signification:

Très menteur.

Origine:

Cet accessoire vestimentaire féminin protège et cache la poitrine, en lui conférant parfois une apparence trompeuse, encore accentuée depuis l'apparition du Wonderbra®.
C'est ainsi que les hommes qui ont été dépités par ce qu'ils ont pu découvrir une fois l'objet enlevé, ont associé ce mot aux menteurs invétérés.

Rolling Eyes Mdr
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MessageSujet: Re: Les expressions   Lun 15 Jan - 18:31

Un étouffe-chrétien



Signification:

Un mets d'une consistance épaisse, étouffante.

Origine:

Le 'chrétien', ici, n'est pas celui dont la religion est liée au christianisme. Il désigne simplement un être humain comme vous et moi, quelles que soient ses croyances ou incroyances, par opposition à l'animal ("il fait un temps à ne pas laisser un chrétien dehors").

Il existe certains mets, des pâtisseries souvent, qui, pour être délectables, n'en sont pas moins des fois un peu difficiles à mâcher ou à avaler.
Exemple : les montecaos (ou montecados ou mantecados), petits gâteaux excellentissimes mais très friables, occupant bien la bouche et interdisant de parler quand ils y sont, sous peine de crépir l'interlocuteur[1] ; ils donnent l'impression au mangeur qu'il est près de s'étouffer (on n'est pas loin du mélange masochiste de délice et de supplice).
De là cette appellation.

[1] Mais chacun sait qu'il est très mal élevé de parler la bouche pleine. Probablement depuis l'invention des montecaos, non ?
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MessageSujet: Re: Les expressions   Sam 20 Jan - 10:25

(Être) en goguette


Signification:

(Être) de bonne humeur, sous l'effet de libations un peu trop copieuses.
(Être) en partie fine.


Origine:

'Goguette' est issu du mot 'gogue' (d'où vient également l'expression à gogo) qui, en ancien français, voulait dire 'réjouissance'.

Le mot date du milieu du XVIe siècle. Mais un siècle avant, dans le même domaine, "faire goguettes", c'était "faire ripailles" ou "se régaler". De ces excès au cours des fêtes, on disait aussi à la même époque "être dans ses goguettes" pour signifier "être de belle humeur".

Voilà donc une expression dans le sens n'a pas vraiment varié au fil des siècles depuis son apparition.
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MessageSujet: Re: Les expressions   Sam 20 Jan - 10:29

L'huile de coude


Signification:

L'énergie, la force, la vigueur déployée dans l'accomplissement d'une tâche.

Origine:

En cuisine, l'huile sert entre autres à faire de bonnes fritures bien grasses et parfaitement calorifiques, très propices au déclenchement de la sieste et donc peu aux efforts.
Mais en mécanique, elle permet aux rouages d'un mécanisme de mieux tourner, avec moins d'efforts et d'avoir un rendement plus élévé.

On comprend donc bien que, métaphoriquement, mettre un peu d'huile de coude ne peut que permettre au bras de travailler plus efficacement et de produire plus d'énergie.

Et d'ailleurs, à la fin du XIXe siècle, l'expression se disait plutôt "de l'huile de bras".
On a vu aussi "l'huile de poignet"[1] mais, de nos jours, c'est incontestablement l'huile de coude qui a les faveurs des non paresseux, et qui est un aussi fort repoussoir que l'huile de foie de morue pour ceux qui ont un sacré poil, voire une queue de vache, dans la main.

[1] Raymond Queneau a aussi inventé "l'huile de rotule", mais celle-là est plutôt destinée à ceux qui font travailler leurs jambes comme les coureurs à pied ou les cyclistes.
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MessageSujet: Re: Les expressions   Sam 20 Jan - 10:34

Payer en espèces

Signification:

Payer en argent liquide.

Origine:

De nos jours, cette expression désigne le paiement en argent liquide au lieu des autres moyens modernes que sont les chèques, les virements ou les cartes bancaires, par exemple.

Contrairement à la monnaie de singe qui n'est pas sonnante, les espèces, elles, le sont, dans la mesure où il ne s'agit pas seulement de billets de banque.

Mais espèces de quoi ?

'espèce' vient du mot 'species' qui en latin classique désignait la vue, le regard, mais aussi l'apparence ou l'aspect. Bizarrement, mais les latinistes peuvent peut-être l'expliquer, en latin impérial l'espèce était une denrée, une marchandise (c'est du même 'species' que vient le mot 'épice').

Au XVIIe siècle, 'espèces' a un sens très large, puisqu'il désigne simplement des 'choses' et payer en espèces, c'était payer autrement qu'avec de l'argent.
Pourtant, bien avant, dès la fin du XVe, 'espèce' au singulier avait déjà le sens de "pièce d'or ou d'argent".
Par on ne sait trop quel cheminement, un mélange des deux sens a fait que payer en espèces est ensuite devenu "payer en argent, en pièces" (les billets n'étant pas considérés) puis, plus récemment, payer avec de l'argent, quel que soit son support.

Complément:

On peut profiter de l'occasion pour préciser pourquoi on parle d'argent liquide alors que nos billets et pièces sont loin de l'être.
Cette appellation vient au XVe siècle de l'italien 'liquido' qui, dans le domaine juridique et financier, désignait des biens non sujets à contestation, libres de dettes, donc aisément transférables (pouvant "s'écouler" facilement) d'une personne à une autre, comme l'est la monnaie à laquelle ce terme s'est étendu au XVIIe.
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MessageSujet: Re: Les expressions   Dim 21 Jan - 10:31

Donner sa langue au chat

Signification:

Renoncer à trouver ou à deviner une solution.


Origine:


Cette expression n'apparaît qu'au XIXe siècle.

Auparavant, on disait "Jeter sa langue aux chiens" (Mme de Sévigné).
Aux chiens, on jette les restes, ce qui n'a plus de valeur.
Leur jeter sa langue, c'est leur abandonner son organe de la parole qui n'a plus d'utilité puisqu'on ne dira jamais la solution qu'on renonce à chercher.

Mais pourquoi les chiens sont-ils devenus un chat auquel on donne au lieu de jeter ?
"Mettre quelque chose dans l'oreille du chat" (George Sand), c'était lui confier quelque chose qui devait rester secret, oublié. Le 'chat' avait donc connaissance de beaucoup de choses sans pour autant être capable de les divulguer, car à part le chat botté, il y a peu de ces animaux qui parlent.

Donner sa langue au chat serait ainsi un mélange de "jeter sa langue devenue inutile" mais "la confier au chat" pour être sûr qu'il la gardera, peut-être pour le cas où on déciderait de la récupérer plus tard.

A moins, tout simplement, qu'on ait voulu adoucir le jeter sa langue au chien, en remplaçant jeter par donner, plus sympathique, et chien par chat, vu comme moins féroce...
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MessageSujet: Re: Les expressions   Dim 21 Jan - 10:35

Une grenouille de bénitier

Signification:

Une personne qui manifeste une dévotion outrée.
Un(e) bigot(e).

Origine:

Cette appellation est quelque peu péjorative.
Elle désigne toutes ces personnes trop croyantes qui passent une bonne partie leur existence en dévotions et à l'église.

Elle vient, bien entendu, de ces bénitiers () placés à l'entrée des églises, normalement remplis d'eau bénite, et dans lesquels les fidèles trempent le bout de leurs doigts avant de faire leur signe de croix en entrant dans le lieu.
On imagine bien alors, que ceux qui passent leur temps là à proximité du bénitier, y sont aussi confortablement et durablement installés que les grenouilles dans leur mare.

Mais on trouve aussi dans cette expression une allusion aux bavardages futiles et aux cancans qu'échangent généralement ces grenouilles-là, tout comme celles qui coassent dans leur marigot.
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MessageSujet: Re: Les expressions   Dim 21 Jan - 10:45

bonjour tout le monde
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MessageSujet: Re: Les expressions   Mar 23 Jan - 10:46

Qui trop embrasse mal étreint


Signification:

Qui entreprend trop de choses à la fois court à l'échec.

Origine:

Comme chacun sait, on ne peut être au four et au moulin. Alors à vouloir entamer une tâche par-ci, une autre par là et une troisième à côté, le tout en même temps, risque de conduire à un échec généralisé, sauf si on dispose d'un peu plus de bras que le commun des mortels, du don d'ubiquité et d'un cerveau multitâche.

Et comme ils n'étaient pas totalement idiots, cela, nos ancêtres du XVe siècle s'en étaient déjà rendus compte, puisqu'à la fin du XIVe, on écrivait déjà : "qui trop embrasse, peu étreint", le 'peu' ayant vite été remplacé par 'mal'.

On peut toutefois se demander pourquoi c'est l'image des embrassades qui a été retenue pour cette métaphore alors que bien d'autres formes de l'expression auraient pu faire l'affaire.

Une première raison assez claire est que le verbe 'embrasser' qui, au XIVe, voulait dire "serrer dans ses bras", a aussi un autre sens qui est : "vouloir entreprendre, s'engager dans, se lancer dans quelque chose" ("Il embrasse toutes les affaires qu'on lui propose") ; ce qui colle très bien à la signification de notre expression.

L'autre probable raison viendrait d'une allusion au jeune mâle en rut qui, parce qu'il se disperse en s'attaquant à plusieurs cibles féminines à la fois, finit par ne jamais rien accrocher à son tableau de chasse.

Montaigne, au XVIe siècle, formulait la chose différemment : "Nous embrassons tout, mais nous n'estreignons que du vent".

Complément:

De cette expression, on trouve quelques variantes modernes comme "qui trop embrasse manque le train", souvent vérifiée, ou bien "qui trop embrase mal éteint", spécialement destinée aux pompiers pyromanes.
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