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 petits contes

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Fatiha
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MessageSujet: petits contes   Ven 14 Déc - 16:51

petits contes que j'ai trouvé sur http://20six.fr/sohar:pour:
LE BOUC ANTROPOPHAGE


Autrefois, disent les anciens, il ne s’écoulait pas une semaine sans qu’un événement extraordinaire ne vînt bouleverser un tant soit peu la monotonie du quotidien.

C’est ainsi qu’un vannier, revenant un jour du marché, rencontra un bouc errant au bord de la route, loin de toute habitation et pâturage.
Il l’attrapa et scruta les alentours dans l’espoir d’apercevoir la silhouette d’un hypothétique berger auquel l’animal aurait éventuellement faussé compagnie, mais son regard perçant de montagnard ne rencontra que plaines, arbres, montagnes et collines.
Il décida alors de l’emmener chez lui et de l’y garder jusqu’à ce que son propriétaire se manifestât. Une demi-heure plus tard, il lui passait une corde autour du cou et l’attachait dans un coin de sa maison.
Le soleil déclinait à l’horizon et s’apprêtait à disparaître derrière les cimes enneigées du Djurdjura.

Le vannier, à la lueur d’une lampe à huile achevait de tresser une corbeille promise à une voisine pour le lendemain ; ses deux enfants, blottis dans un coin, jouaient aux osselets pendant que leur mère, dans un autre coin, roulait du couscous, tout en lançant de temps à autre des regards fugaces teintés d’appréhension en direction du bouc.

C’était à la suite de l’un d’eux qu’elle vit l’horreur : L’une des pattes de devant du bouc se métamorphosa soudain en bras humain ! L’animal porta alors sa main à sa barbiche qu’il s’était mis à tirailler comme pour proférer une menace.

La femme se leva et, en proie à une indicible terreur cria :

-Vite, homme ! Fais sortir ce bouc de la maison ! C’est un démon…il vient de me menacer avec sa main !

-Calme-toi femme, répondit le mari, c’est seulement ton imagination qui te joue des tours !
La femme se calma, contempla longuement le bouc et alla se rasseoir, confuse et ne sachant que penser.
Le mari qui avait repris son travail, ricanait sous cape :
« Ah ! Les femmes ! Quelles créatures débiles ! »
Au bout de quelques instants, la femme risqua un autre coup d’œil et vit la créature récidiver son geste insolite.
Elle lança alors un de ces cris à faire sursauter les trépassés ; les enfants cessèrent de jouer et le père laissa choir corbeille et fibres végétaux avant de s’écrier, agacé :

-Qu’y a-t-il femme ?
-Le b…bouc…il m’a encore m…mm…mm…menacée !
-Mais tu es devenue folle, femme !
-Sors-le ou c’est moi qui sortirai !
-Sors si tu veux, le bouc restera ici tant que son propriétaire ne s’est pas manifesté !
La femme prit alors ses deux enfants et alla passer la nuit chez une parente habitant non loin de là.
Les cimes enneigées avaient été dévorées depuis peu par les ténèbres. Le vannier, demeuré seul, s’apprêtait à se lever pour faire ses ablutions du soir lorsqu’il vit le bouc s’approcher de lui…parler d’une voix qui semblait venir de très loin :

« Bonjour, homme ! »
La surprise fut si brutale et la terreur si intense qu’il tomba à la renverse ! Il se leva rapidement et courut jusqu’à la porte qu’il trouva fermée ! Son cœur se mit à battre très fort : en partant, sa femme l’avait laissée ouverte ! Qui avait bien pu la fermer sans qu’il ne se rende compte ? IL n’eut pas le temps de se poser qu’autres questions ; le bouc s’était approché de lui et lui avait demandé :

-Prends-moi dans tes bras, homme, et berce-moi !
-Te b… bercer ?
-Oui. Et ne t’arrête que quand je te le dirai ! Ne pouvant ni s’enfuir, à cause de la peur qui le paralysait, ni envisager un combat insensé avec un démon, le malheureux vannier se résignant et se mit à bercer l’étrange animal.
Cette invraisemblable scène dura jusqu’à ce que ses forces abdiquassent. C’était le moment qu’attendait l’autre pour se remettre à parler.
-Je suis ton Destin, homme, et je suis venu te tuer. L’homme qui était au bord de l’évanouissement, lui répondit :
-Fais ce que bon te semble. -Je dois te dévorer, homme ; par où dois-je t’entamer ?
-Par la tête ? -Par la tête ?
Et pourquoi ?
-Parce qu’elle est têtue et qu’elle n’a pas écouté les plaintes de ma chère femme !
Le lendemain matin, l’épouse revint, elle ne trouva ni mari, ni bouc.

C’est là que se termine la légende et il semble que c’est depuis cette incroyable histoire que les hommes suivent les conseils de leurs femmes, à l’insu des autres biens sûrs, puisque devant amis et voisins, ils s’ingénient à montrer qu’ils sont maîtres de leurs décisions et que leurs épouses n’ont pas voix au chapitre

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Fatiha
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MessageSujet: Re: petits contes   Ven 14 Déc - 16:56

La mendiante...Conte algérien.

Au cours d’une promenade, le prince d’une contrée s’était vu accoster par une jeune mendiante qui lui demanda la charité. Il lui donna une pièce d’or et lui demanda comment elle en était arrivée là.

-Mon père et ma mère sont morts alors que je n’avais qu’une année, répondit-elle et j’ai été recueillie par mon oncle paternel.
Au début, je n’avais pas eu à me plaindre, mais lorsque mes cousines et cousins sont venus au monde, tout a changé et à mesure que le temps passait la haine de ma tante à mon égard s’accroissait.

C’était moi, et moi seule, qui faisait face aux travaux ménagers pendant que mes 2 cousines passaient leur temps à se peigner, à se farder et à se mirer dans la glace. Et puis un jour, leur mère m’a chassée parce que j’ai eu le malheur de pleurer dans un coin sur mon triste sort.


Etant de nature très sensible, le prince ordonna qu’on conduisît la jeune fille dans le palais royal où elle prendrait un bon bain et obtiendrait tout ce qu’elles désiraient.
Le jeune souverain était dans les jardins de la demeure royale lorsqu’un garde lui annonça que la mendiante qu’il avait recueillie voulait le voir et le remercier avant de s’en aller.

Quand celle -ci parut devant lui, le visage et les cheveux débarrassés des traces de la misère et le corps enveloppé dans une robe propre, le prince faillit en avoir le souffle coupé ; Il n’avait encore jamais vu de créature aussi belle et, aussi gracieuse ! Comment une telle perle pouvait-elle errer le long des routes rocailleuses et mendier sa subsistance ?

-Je te remercie, mon prince, pour toute ta générosité, dit la mendiante. Maintenant je dois partir et grâce à toi j’aurai désormais le cœur léger parce que j’ai appris que les gens ne sont pas tous comme ma tante la vipère et mon oncle qui a oublié que dans mes veines coule le sang de son frère.

Emu par ces tristes propos et envoûté par la douce voix de celle qui les avait prononcés, le prince répondit :
Tu ne partiras nulle part jeune fille !!! Il ne tient qu’a toi de rester ici, dans ce palais, jusqu’à ce que ta noire chevelure devienne aussi blanche que la neige qui enveloppe les cimes que tu vois là-bas au loin ; veux-tu devenir ma femme ?
La question était si brusque et si sèche que la jeune mendiante s’évanouit. Cela avait suffit au prince pour comprendre que sa demande avait été acceptée. Et pouvait-il en être autrement ?

2 mois s’étaient écoulés et le prince n’avait encore jamais eu l’occasion de voir sa femme manger quoi que ce soit ! Au départ, elle prétendait qu’elle était trop timide pour s’asseoir à la même table que ses beaux-parents qui n’étaient autres que le roi et la reine du pays. Ensuite, voyant qu’elle ne pouvait se défaire de son complexe, on l’autorisa à prendre des repas dans sa chambre. C’était alors que le mystère s’épaissit en présence de son mari ou des serviteurs.
C’était vraiment inquiétant.

Aussi son mari décida-t-il , un jour de l’épier par le trou de la serrure. Le spectacle qu’il vit alors était l’un des plus insolites qu’il ait pu voir jusque là. La jeune princesse commença par jeter le plantureux repas par la fenêtre, ne gardant que la galette de blé qu’elle découpa en plusieurs endroits de la chambre : sur le lit, sur la chaise, sur la table, sur le bord de la cheminée, sur un chandelier, etc…. Ce travail étrange fini, elle dénoua ses cheveux, les ébouriffa de telle sorte que son aspect ressemblât un peu à celui de la mendiante qu’elle avait été naguère.
Et pour finir, elle s’arrêta devant chaque morceau de galette auquel elle demandait la charité en prenant un air pitoyable. Elle prenait alors les morceaux, les avalait et remerciait comme si c’était quelqu’un qui venait de les lui donner !
-La pauvre, se dit le prince, elle a du mal à oublier sa triste existence !

Selon la légende, la princesse vécut au palais auprès de son mari jusqu’à ce que ses cheveux soient devenus aussi blancs que la neige des montagnes. Mais elle ne parvint jamais à se débarrasser de ses habitudes de mendiante.

Les sages disent que ce que Dieu a fait, nulle main ne peut défaire.

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MessageSujet: Re: petits contes   Ven 14 Déc - 17:08

j'ai bien aimé celui ci Pour
LA LEGENDE DE LA CASBAH

Dans la Casbah d'Alger, une légende populaire court sur toutes les lèvres. Hommes ou femmes la racontent volontiers, avec seulement quelques différences de nuances .Elle est surprenante, venant d'une civilisation dont la réputation de sévérité n'est pas à faire. A sa manière, elle est aussi remarquablement morale.
André Ravéreau...
La Casbah d'Alger, et le site créa la ville.

Ed/Sindbad.

--------------------------------

Deux sœurs, ayant hérité ensemble d'une maison d'Alger, vinrent l'habiter.
L'une était connue pour sa vertu .
La destinée de l'autre l'avait conduite à devenir courtisane. La plus sage habitait l'étage. La courtisane, le west eddar (patio).
Elles partageaient la terrasse avec son minzah (séjour) et la cuisine, qui se trouvait aussi tout en haut de l'escalier.

Un soir de Ramadhan, la femme "légère" dépendait le linge sec tandis que la "sérieuse" faisait la cuisine.

Elle préparait un tadjin au fumet vraiment étourdissant. Une voisine, pauvre et enceinte, parut au bord de la terrasse, et demanda si l'on pouvait lui donner un peu de braise pour allumer son feu.
Fatima, la courtisane, vint vers sa sœur et elle prit du kanoun (foyer)quelques braises, dans une vieille tassa(récipient)à l'étain usé, et la donna à la femme qui partit après avoir remercier les yeux baissées .Le fumet du tadjin se répandait de plus en plus, propre à donner de l'appétit aux plus rassasiés.

Une seconde fois, la voisine apparut au muret de séparation des terrasses et dit, d'une voix un peu altérée, que son feu ne voulait pas prendre .Voudrait-on lui accorder encore quelques braises? On les lui donna, dans la même tassa qu'elle avait rapportée, et elle disparut de nouveau dans son escalier. La sage remit des charbons dans le kanoun et éventa le feu pour qu'ils prennent .

La mer, en contrebas, était d'un grand calme encore lumineux. L'heure était plutôt lointaine où il serait enfin permis de manger.

Mais Sélima, la petite voisine, était dispensée de jeûne puisqu'elle était enceinte. Ainsi pensa Fatima, la courtisane.

-As-tu remarqué, dit elle à sa sœur, ses joues creuses? la pauvre ne mange peut être pas tous les jours. Je n'ai entendu personne pousser son portail aujourd'hui pour lui apporter des provisions.

-Dieu pourvoira (allah inoub), marmonna la vertueuse. Que je sache, je n'ai pas été spécialement désignée pour subvenir aux besoins des autres.

De l'autre côté de la murette, dans l'escalier voisin, Fatima crut entendre un soupir.

-Ma part d'héritage si tu donnes à Sélima une portion de tadjin.

La vertueuse ne dit rien Elle regarda seulement sa sœur avec surprise.

Si celle-ci renonçait à ses droits sur la maison, il n'y avait aucune raison qu'elle y demeurât. Ainsi, la honte de son activité coupable s'effacerait avec sa présence. Elle louerait l'appartement libéré et vivrait de cette location. Comment cette étourdie ne se rendait-elle pas compte de la sottise du marché qu'elle proposait? A ce moment-là , la voisine apparut pour la troisième fois à la frontière des deux terrasses, la tassa vide à la main. Elle n'osait plus demander et regarda Fatima avec des yeux humbles.

-Allons, dis aimablement la sœur vertueuse, puisque ton feu est à ce point récalcitrant, je vais plutôt te donner une part de tadjin.
Fatima, déjà, s'était levée, et avait pris dans la cuisine un plat qu'elle tendit à sa sœur. Celle-ci le remplit confortablement, la fixant droit dans les yeux. La courtisane donna le plat à la jeune femme enceinte qui lui rendit en échange la veille tassa.
-Merci, dit-elle chaleureusement, oh! sahha (merci) je n'ai que vous deux et Allah.

Fatima sourit.

Sélima s'éloigna pour manger car il faisait clair encore, et elle savait que les deux femmes respectaient le jeûne.
Fatima reporta son tranquille regard vers sa sœur. Désormais, elle n'était plus chez elle. Et elle le vit, confirmé inexorablement dans le visage fermé qui lui faisait face.
Néanmoins, elle savait qu'elle n'avait tout de même pas à partir sur l'heure.
Madame Vertu réclamerait sans doute auparavant que tout fut ratifié clairement chez le cadi. Or il était tard, et cela ne pouvait se faire le soir même.
La nuit vint, et le repas fut pris, sans que l'on reparlât de l'incident qui faisait l'une d'elles propriétaire unique.
Le lendemain, Fatima, qui pourtant était matinale, ne se levait pas.

-Tu regrettes, tu regrettes!..... Pensait sa sœur qui déjà se préparait pour la sortie importante que l'on imagine.

Il faudra bien que tu te montres! Or Fatima était aimée, dans le quartier.

Et ne l'ayant pas entendu lui dire son bonjour habituel, une autre voisine envoya son garçonnet par la rue, prendre de es nouvelles.
Ce fut lui qui remarqua le prodige et se mit à appeler à grands cris. Sous la porte de Fatima (cette grande porte massive à deux battants) coulait un ruisseau d'eau claire et parfumée, qui allait se perdre, quasiment s'évaporer sur le marbre de la On se rassembla, commentant ce surprenant phénomène.

Et chacune se mit à appeler alors à la porte, qui, comme chacun sait, ferme de l'intérieur.
Aucune réponse .

Les femmes se couvrirent et envoyèrent les enfants chercher quelques hommes afin de démonter la porte.

Mais à l'étonnement de tous, elle résistait... et l'on n'osait piétiner cette eau parfumée qui ne cessait de chanter doucement sur les dalles hexagonales comme s'il jaillissait de cette chambre, une source magique.

La porte, enfin, s'ouvrit d'elle même. Toute grande, repoussant par son mouvement le groupe qui tentait de la manipuler .On vit alors au milieu de la pièce un catafalque dressé, entouré de cierges allumés et recouvert de fleurs .Et tous les parfums de l'Arabie, légers pourtant, formaient l'air même de la pièce. Sous les fleurs, le corps lavé de Fatima reposait. Et l'on voyait, sur l'immobilité de son beau visage, une expression de calme bonheur.

On courut chercher un imam afin qu'il dise la prière, puis, on voulut soulever le corps pour l'emmener en terre au cimetière d'EL-qatar .
Las! Tous les efforts ne purent le déplacer d'un cheveu.
Fatima fut donc enterrée dans sa chambre. On voit encore aujourd'hui sur le sol la marque de sa tombe. Et l'on dit que personne ne voulut depuis habiter cet appartement

"L'Eternel fait succéder la nuit au jour et le jour à la nuit. Il connait le fond des cœurs."
Coran, LVII, 6.



On a souvent tendance à juger les gens, sur leurs apparences mais en réalité ce qui compte au fond c'est la pureté des sentiments. Parfois on se trouve confronté à des choix ou des situations qu'on n'a pas cherchés. Il est facile de juger autrui, de se dire si c'était moi..... Se remettre en question est moins facile. Sincèrement si on se remettait plus souvent en question, si on était moins obtus, les choses évolueraient dans le bon sens. Dieu tout puissant pardonne, pas l'être humain, ça porte à réfléchir.

On a encore du chemin à faire et la route de la tolérance est semée d'embûches...

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MessageSujet: Re: petits contes   Ven 14 Déc - 17:22

Les blessures et les injures.

"La littérature orale, est une ancienne tradition .Notre rôle et de sauvegarder ces contes et légendes de l'oubli dans une Algérie riche par son étendue et sa diversité culturelle"



Il y’avait autrefois dans la montagne une femme que le destin n’avait cessé de malmener. Elle vivait seule dans une pauvre bicoque après que la mort lui eut ravi son mari et ses 7 garçons.

Tant que ses forces ne l’avaient pas abandonnées, elle supporta les difficultés de la vie, mais celle-ci s’écoula bien vite et la vieillesse arriva à grands pas.

Les longues années de dur labeur et de solitude l’avaient tellement usée qu’elle tenait difficilement sur ses jambes qui supportaient de moins en moins le poids de son maigre corps. Et malgré cela, il fallait encore lutter pour survivre .
La vie a beau être atroce, elle demeurera éternellement le seul bien dont nul ne voudra jamais se séparer !

L’hiver est dur dans les montagnes du Djurdjura (Djurdjura, en kabyle Djerdjer, le massif le plus imposant du nord de l'Algérie) ; les gens y sont parfois contraints de se cloîtrer chez eux durant les grandes tempêtes.
Aussi y avaient-ils pris l’habitude de s’approvisionner en nourriture et en bois. Pour ne pas faillir à cette impérieuse tâche, la vieille femme partit dans la fôret un matin, ramassa du bois et en fit un énorme fagot. Ce n’était qu’au moment où il fallait soulever le lourd fardeau qu’elle se rappela qu’elle n’avait plus sa force d’antan.
Elle voulut rentrer au village et demander de l’aide mais elle se ravisa aussitôt. N’importe qui l’aurait aidée avec plaisir car, en ces temps lointains, l’entraide n’était pas un vain mot.
La vérité était qu’elle n’aimait pas voir quelqu’un accomplir pour elle une besogne qui aurait incombé à l’un de ses fils si la mort ne les avait pas emportée.


Elle était à se demander ce qu’il convenait de faire lorsqu’elle vit surgir de derrière un fourré un formidable lion ! Croyant son heure venue, elle se mit à psalmodier une prière. Mais il n’en fut rien ; le grand félin prit entre ses crocs la corde enroulée autour des branchages et le souleva. L’étonnement atteignit son paroxysme lorsque l’animal, ainsi chargé, prit le chemin du village sous le regard abasourdi de la vieille femme qui se mit à la suivre sans vraiment réaliser ce qui se passe.

Arrivé en vue du village, le lion déposa le tas de bois avant de rebrousser chemin et de disparaître dans la nature. La maison de la vieille femme se trouvait à quelques mètres de l’endroit où le bois était déposé. Heureusement qu’un paysan passa par-là et lui épargna cette pénible tâche,Avant de quitter sa vieille voisine qu’il venait d’aider, l’homme se gratta la tête et fixa d’un regard interrogateur l’énorme tas de branches. Il trouvait bizarre que la vieille esseulée eût pu le ramener de la forêt jusqu’à l’orée du village et ne pouvoir le traîner sur une distance de quelques mètres !

Le lendemain, la vieille femme retourna dans la forêt. Et au moment de soulever le bois qu’elle y avait ramassé, le même lion réapparut pour lui épargner une peine qui était bien au-delà de ses capacités. Et comme la veille, le même paysan passa à l’entrée du village et transporta les branchages de la pauvre femme jusqu’à sa maison.

Cette scène se reproduisit 6 fois. A la 7eme, le lion décida de se cacher derrière un buisson afin de voir comment son « amie » s’y prenait pour emmener les fagots jusque chez elle. Il vit alors apparaître le paysan dont la curiosité était cette fois-là tellement grande qu’il ne pouvait contenir davantage la question qui le taraudait depuis une semaine : -Dis moi, grand-mère, comment fais tu pour ramener ces fagots de la forêt, jusqu’ici et ne pouvoir les traîner ensuite sur quelques mètres ? -C’est très simple ! Je me fais aider par celui dont la gueule pue, répondit la vieille femme. Le lion qui avait tout entendu, retourna dans la forêt, meurtri dans son amour propre.

Le jour se leva et trouva la vieille femme encore dans la forêt, ramassant du bois sec et guettant subrepticement le buisson d’où le grand félin avait désormais l’habitude de surgir. Il apparut en effet, au bout de quelques instants, mais cette fois-là avec un air menaçant. Etant arrivé tout près de l’ingrate, il rugit et lui demanda de se saisir d’une bûche et de le frapper avec son front jusqu’à ce que le sang en jaillisse !

Au début, la vieille refusa de lever la main sur celui qui lui avait allégé la vie plus d’une fois mais elle dut obtempérer lorsqu’elle eut vu pétiller dans ses la flamme de la colère. Elle lui asséna plusieurs coups ; le sang se mit alors à ruisseler et à strier, la face du roi des animaux demeuré impassible.

Tu vois vieille femme, dit-il, je saigne mais ce n’est pas grave. Cette blessure finira bien par se cicatriser et disparaître avec le temps ; je l’oublierai alors. Quant aux paroles offensantes que tu as proférés à mon encontre, elles seront gravées pour toujours dans mon cœur et ma mémoire !!! Ayant dit cela, le lion rugit, sauta sur la vieille femme et la dévora.
En effet, on dit dans nos montagnes d’Algérie que les blessures creusent et guérissent. Quant aux insultes elles creusent et creusent toujours d’avantages !

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MessageSujet: Re: petits contes   Ven 14 Déc - 20:55

Très jolis
mais mina déteind sur toi C’est là que se termine la légende et il semble que c’est depuis cette incroyable histoire que les hommes suivent les conseils de leurs femmes, à l’insu des autres biens sûrs, puisque devant amis et voisins, ils s’ingénient à montrer qu’ils sont maîtres de leurs décisions et que leurs épouses n’ont pas voix au chapitre
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MessageSujet: Re: petits contes   Ven 14 Déc - 21:53

mina par ci
mina par la
ouf!!!!

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MessageSujet: Re: petits contes   Mar 18 Déc - 15:12

BZER a écrit:
Très jolis
mais mina déteind sur toi C’est là que se termine la légende et il semble que c’est depuis cette incroyable histoire que les hommes suivent les conseils de leurs femmes, à l’insu des autres biens sûrs, puisque devant amis et voisins, ils s’ingénient à montrer qu’ils sont maîtres de leurs décisions et que leurs épouses n’ont pas voix au chapitre

Mina ne déteint pas sur moi Rolling Eyes j'ai une opinion peut étre pire qu'elle des hommes Mdr
c'est pas moi qui a écrit cette morale elle y était déjà sur le conte silent

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MessageSujet: Re: petits contes   Mar 18 Déc - 17:03

j'ai deteint dans vos tete a tous
meme quand jsui pas la vous parlez de moi
c l'effet minaminou pire qu'un virus Mdr Mdr Mdr Mdr

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MessageSujet: Re: petits contes   Mar 18 Déc - 17:21

une fois qu'on te connait on peut plus s'empécher de penser à toi! ta raison té pire qu'un virus Mdr Mdr Mdr

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MessageSujet: Re: petits contes   Mar 18 Déc - 22:38

ql histoire , nos ancetres étaient des sages , j'en ai tans d'histoires et de conte (de la région) mais le handicape de la traduction m'empeche ... un livre tres interessant "kalila et dimna" de l'hindou BAY DABA traduit par IBN EL MOUKAFAA durant l califat ABBASIDE a BAGDAD.
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